Incendie de Ribaute : un agent de l’ONF mis en examen
Un gigantesque brasier qui dévore plus de 17 000 hectares, des milliers de pompiers mobilisés pendant près d’un mois, et aujourd’hui une mise en examen qui bouleverse le monde forestier. L’incendie de Ribaute, l’un des plus dévastateurs de l’été 2025, pourrait avoir été déclenché par une négligence aux conséquences dramatiques.
Trois semaines de lutte acharnée contre un monstre de feu
Le 5 août 2025, les premières flammes surgissent dans le secteur de Ribaute. Très rapidement, le feu prend des proportions alarmantes et s’étend sur 17 000 hectares dans l’Aude.
Les soldats du feu mènent un combat acharné contre cet enfer végétal. Il faudra attendre le 28 août 2025 pour que l’incendie soit définitivement maîtrisé, après trois longues semaines d’interventions incessantes.
Un agent de l’ONF au cœur des soupçons
L’enquête prend une tournure inattendue lorsque les investigations se portent sur trois agents de l’Office national des forêts. Après leur placement en garde à vue, seul l’un d’entre eux reste dans le viseur de la justice.
Cet employé de l’ONF a été déféré devant le procureur, puis mis en examen. Selon Thierry Lescouarc’h, procureur de la République de Montpellier, il est poursuivi pour « destruction involontaire par incendie aggravée ».
Négation et contrôle judiciaire
Lors de sa garde à vue, le mis en cause a fermement nié toute implication dans le déclenchement du sinistre. Malgré ses dénégations, les magistrats ont décidé de le placer sous contrôle judiciaire.
Ses deux collègues, également entendus dans le cadre de cette affaire, ont été libérés sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux.
La piste d’une cigarette jetée négligemment
D’après les informations révélées par le journal Midi Libre et confirmées par plusieurs sources, l’hypothèse privilégiée par les enquêteurs est celle d’une négligence tragique.
Une cigarette aurait été jetée par la fenêtre d’un véhicule de patrouille de l’ONF. Ce geste anodin en apparence pourrait être à l’origine de la catastrophe écologique qui a défiguré le paysage audois.
Une enquête minutieuse en cours
Les juges d’instruction de Montpellier poursuivent leurs investigations pour établir avec certitude la responsabilité de l’agent mis en examen. L’interrogatoire de première comparution a déjà eu lieu devant les magistrats instructeurs.
Les analyses techniques et les témoignages recueillis devraient permettre de reconstituer précisément les circonstances du départ de feu.
Un désastre environnemental aux conséquences durables
Au-delà des aspects judiciaires, l’incendie de Ribaute laisse des cicatrices profondes sur le territoire. Les 17 000 hectares partis en fumée représentent une perte écologique considérable pour le département de l’Aude.
La faune, la flore et l’ensemble de l’écosystème local mettront des années, voire des décennies, à se régénérer complètement après ce traumatisme environnemental majeur.

